La Biennale de Venise 2009

La Biennale de Venise 2009

L'Arsenal :

Tous ceux qui connaissent Venise sont passés devant, ont photographié le portail et les deux tours d'entrée... et sont restés frustrés de ne pas pouvoir pénétrer cet espace étendu, longtemps fondamental dans l'économie, le commerce et la diplomatie venitienne, mais classé zone militaire.

C'est seulement au cours d'événements exceptionnels comme la Mostra biennale d'art contemporain, que l'on peut apercevoir une partie de ces bâtiments (en particulier la corderie et l'artillerie). Alors profitez-en, vous avez jusqu'au 22 novembre, de 10h à 18h sauf le mardi.

Les oeuvres sont hétéroclites, inégales, mais en valent souvent la peine. Je vous recommande d'y consacrer une bonne demi-journée, et d'attendre un autre jour pour aller aux giardini, pour ne pas frôler la saturation!

La première salle est déjà un choc : dans la pénombre, on découvre l'installation de la regrettée Lygia Pape, Livro de Criaçao (1959-1960). Son travail sur l'espace , l'ombre et la lumière, est particulièrement impressionnant et nous plonge dans une atmosphère de recueillement qui aiguise notre regard pour la suite de l'expo. C'est vraiment mon coup de coeur cette année!

 

La deuxième salle présente aussi une oeuvre de grande taille : les grands miroirs brisés de Michelangelo Pistoletto, nouvelle façon d'interroger le portrait et l'auto-portrait. Comme pour la salle précédente, il est difficile de qualifier cette oeuvre de "contemporaine", puisqu'elle a également plus de quarante ans (1961). C'est d'ailleurs un débat qui a parcouru cette 53è exposition biennale : les pays doivent-ils y envoyer des oeuvres d'artistes "installés", déjà entrés dans l'histoire de l'art, comme les Etats-Unis avec Bruce Nauman, ou même la France avec Claude Lévêque ? Ou bien présenter les dernières tendances, sans savoir si elles résisteront à l'épreuve du temps ?

Après ces grandes installations, Aleksandra Mir a choisi un support plus modeste : un million de cartes postales dans des cartons et sur des présentoirs. Le nom de Venise y est imprimé sur une centaine de lieux qui se situent au bord de l'eau. L'oeuvre est destinée à voyager et être partagée dans le monde entier avec les destinataires de ces cartes.
All places contain all others (chaque lieu contient tous les autres)
Au-delà du comique créé par le décalage de l'image et de la légende, l'artiste nous fait réfléchir sur notre rapport au voyage, à la mémoire et à l'imagination. Le voyage continue, et l'on se retrouve en plein village africain avec l'installation de Pascale Marthine Tayou, Human Being (2007). Les objets, les sons et des vidéos nous plongent dans le quotidien d'un petit village.

Dépaysement assuré pour le visiteur qui loge à Venise depuis plusieurs jours!

Moshekwa Langa dispose dans un de ces vastes espaces de brique son installation, qui se déploie au sol comme une carte, qui établit des liens entre les objets de notre quotidien.

 

Parmi les oeuvres qui méritent d'être signalées, mais dont je n'ai pu prendre de photo :
- Cildo Meireles et ses salles peintes de couleurs vives, qui nous permettent de sentir la qualité physique de chaque couleur, les rapports qu'elle entretient avec les autres, ses effets sur notre perception et notre humeur.
- Grazia Toderi, dont les vidéos montrent une réalité transformée de façon très poétique.
- Bestué et Vives, deux jeunes artistes espagnols, nous présentent en vidéo des situations plus farfelues les unes que les autres, qu'on pourrait qualifier de surréalistes, pleines d'un humour "nonsense", drôles, intelligentes. Une oeuvre très rafraîchissante et pas prétentieuse, pour changer!
- "COLLAUDI", le pavillon italien de l'exposition, n'est malheureusement pas le plus intéressant de cette Mostra. Il occupe un vaste espace de 1800m2, dans un nouveau bâtiment de l'Arsenal. Allez, un petit clin d'oeil tout de même pour les fans de disco :  

Derrière ce pavillon au bout de l'Arsenal, on peut se reposer dans un très agréable jardin. Il est aménagé en hommage à Tommaso Marinetti, chef de file du futurisme italien.
En sortant du jardin, on tombe sur une des installatinos-phares de l'exposition, posée sur l'eau :

Les canots de sauvetage de Tamara Grcic, dont la matière et la couleur contrastent avec la brique des bâtiments et le paysage qui l'entoure. Au loin, on peut voir une maison style "Ikea" posée sur l'eau de la lagune : c'est l'oeuvre de Mike Bouchet, qui fait la satire des rêves de la société américaine.

De là, on peut emprunter une navette (gratuite) pour parvenir à l"Arsenale Novissimo", où des hangars gigantesques abritent d'autres oeuvres. Mais avant de traverser, pourquoi ne pas profiter de votre visite pour parcourir l'est du Castello ? Je vous recommande en particulier la tranquille île de San Pietro, dont l'église fut pendant mille ans la cathédrale de Venise. La suite en cliquant sur les icones à droite

 

La suite de la visite ici

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