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La Biennale de Venise 2009: Les Giardini

La Biennale de Venise 2009: Les Giardini

La Biennale de Venise 2009: Les Giardini

La deuxième partie de la Mostra d'art contemporain se situe dans les giardini, à l'est du quartier du Castello.

Elle se compose d'un grand bâtiment principal, le "Palazzo delle Esposizioni", et des pavillons nationaux.

Autant le dire tout de suite : les oeuvres exposées aux Giardini sont globalement assez décevantes.
Si vous n'avez qu'une journée à consacrer à la Biennale, privilégiez  l'Arsenal.

Quelques oeuvres exposées et la beauté de certains pavillons méritent tout de même un détour si vous en avez le temps.

Dans le "Palazzo" principal, dont la façade est peinte comme un paysage de bord de mer,  façon "carte postale" , par John Baldessari, allez vous perdre dans la toile de Tomas Saraceno. Cette installation spatiale, architecturale, vous plongera dans ce qui pourra vous paraître une toile d'araignée, un réseau internet, une constellation astronomique ou un réseau neuronal.



Dans Schattenspiel (jeu d'ombre), Hans-Peter Feldmann présente dans une pièce sombre de petits jouets, poupées, figurines, voitures, qui tournent sur un axe et dont les ombres fantomatiques sont projetées au mur par un jeu de lumière. Cette danse lente des jouets, comme dans une lanterne magique,  nous renvoie de façon poétique aux meilleurs souvenirs comme aux pires frayeurs de notre  petite  enfance.

Comme un clin d'oeil ou un gag, Simon Starling réinvente le mouvement perpétuel avec un projecteur de cinéma tansformé en sculpture cinétique avec son Wilhelm Noack oHG.



Dans les Giardini, le long de l'allée principale qui mène au Palazzo, Chen Zhen a posé ce globe


S'il vous vient une petite faim, vous pouvez aller vous restaurer à prix d'or à la caféteria.
Mais même si vous n'avez aucun besoin de vous sustenter, passez voir comment Tobias Rehberger a transformé ce lieu (Was du liebst, bringt dich auch zum Weinem - ce que tu aimes te fait aussi pleurer). Faite de lignes croisées et brisées utilisées dans des techniques de camouflage, la "décoration" du lieu casse notre perception des formes, des distances et des pentes.
On a l'impression de se retrouver dans un décor de bande dessinée psychédélique sans avoir consommé aucune substance illicite!



Les pavillons les plus appréciés des Giardini sont ceux des pays nordiques.

Le  Danemark, la Finlande, la Norvège et la Suède proposent une installation collective non dénuée d'humour. The Collectors  transforme les deux pavillons en deux architectures domestiques, qui sont le cadre d'histoire fictives que le visiteur est amené à reconstituer.
A travers le travail de vingt-quatre artistes et designers, l'exposition explore notre manie compulsive de posséder des objets, et la frontière de plus en plus floue entre espace privé et espace public.

Ce premier pavillon est une scène de crime, le "cadavre" flotte dans la piscine, et l'appartement très design de la victime, qui ressemble à un décor de théâtre berlinois, nous permet d'enquêter sur son passé et ses fréquentations.




Dans le second pavillon, on pénètre dans un intérieur bourgeois très propre et policé, lieu d'une violente scène de rupture. Le décor témoigne de ce fossé entre les êtres. La fracture de notre intérieur (la maison) figure aussi  notre fracture intérieure (celle de l'âme).


Cette pièce me fait penser au fameux "rêve de l'escalier" de Buzzati...


Vous pouvez, comme tout le monde, visiter le pavillon français (Claude Lévêque, Le grand soir) et le pavillon américain (Bruce Nauman), mais à mon sens ils n'apportent pas grand chose. Le premier paraît froid, daté, porteur d'un message politique ambiguë et pour tout dire déjà dépassé. Le second est déjà un "classique" de l'art contemporain, déjà vu dans de nombreux musées : allez plutôt le voir en ville, dans le cadre magnifique de la Ca' Foscari.

L'une des oeuvres qui a fait le plus parler d'elle est le film de Steve Mac Queen, au pavillon britannique. Il dure vingt minutes, il faut donc y aller aux heures indiquées ou faire un peu la queue. Il présente les Giardini pendant l'année, totalement abandonnés : paysage désolé, décharge où traînent chiens et chats errants et où se font des rencontres nocturnes plus ou moins louches. Film sans parole, lent, souvent composé d'un double écran,  il propose un regard singulier  très décalé, tantôt micro tantôt macro, sur les giardini et la Biennale.
Une oeuvre certainement intéressante, mais qui ne plaît pas à tout le monde!







Hors du contexte de cette Biennale, vous pouvez aussi vous promener dans les jardins pour voir les pavillons, comme celui de la république tchèque, dont le toit est traversé par de grands arbres :







ou le pavillon coréen, tout en transparence.




Le pavillon hongrois, avec ses mosaïques, rapelle
à la fois l'antique  tradition magyar et l'art nouveau
caractéristique de l'époque de sa construction.


Le pavillon vénitien, qui présente essentiellement le travail du verre à Murano, est surtout spectaculaire vu de l'extérieur, avec les couleurs éclatantes des sculptures qui contrastent avec la blancheur de sa façade.






Suite de la visite ici

 

 

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