Visite du premier étage du Palais des Doges
L'intérieur du Palais des Doges comprenaient de nombreuses salles de réunions et de travail.
Pour magnifier la puissance de la République vénitienne, les plus grands artistes vénitiens furent appeler à décorer les salles. Malheureusement, des incendies successifs détruisirent certaines oeuvres importantes, comme celles de Giorgione, par exemple.
Au 1er étage, les appartements du Doge
LA SALLE DES ARMOIRIES
Le nom de cette salle provient des emblèmes qui y figurent, ceux du Doge en charge de la République. Les armoiries exposées de nos jours sont celles du dernier Doge de la République de Venise, Ludovico Manin, destitué en 1797.
La salle comprend des cartes et deux globes, terrestre et céleste.
Ces cartes permettent d'avoir une idée du monde connu au 18e siècle.
LA SALLE GRIMANI
Comme son nom le laisse entendre, cette salle est à la gloire des Grimani, vous l'aviez deviné, les Grimani qui était une puissante famille vénitienne. Elle a donné 3 doges à la République : Antonio (doge de 1521 à 1523), qui a fait fortune dans le commerce avec l'orient, Marin (doge de 1595 à 1605), autant défenseur des Arts que des pauvres, Pietro (doge de 1741 à 1752) , ami de Newton et initiateur d'un modèle économique inspiré de l'Angleterre.
Plusieurs peintures méritent ici d'être admirées, dont le Lion de Saint Marc, de Vittore Carpaccio, animal symbole, placé de telle manière qu'il est dominateur de la mer et de la terre ferme.
C'est dans cette salle qu'on commence à pénétrer dans les appartements réellement privés du Doge.
LA SALLE DES STUCS
Egalement appelé salle Priuli.
C'est au doge Marino Grimani (doge de 1595 à 1605) que l'on doit une partie de la décoration de cette pièce. La décoration de la cheminée date du doge Antonio Priuli (1556-1559), tandis que les murs en stuc et le plafond ont été commandés par Pietro Grimani, (doge de 1741 à 1752).
Les peintures représentent différents épisodes de la vie du Christ, outre le portrait du roi de France Henri III, attribué à Tintoretto. Il faut rappeler qu'à l'occasion de son voyage en Pologne, le roi de France Henri III, avait fait un détour par Venise où il reçut un accueil triomphal.
LA SALLE DES PHILOSOPHES
Cette salle hérite son nom du portraits de philosophes de l'antiquité, qui avaient été installés ici au 19e siècle. Mais ils sont désormais remplacés par diverses allégories et quelques portraits de doges.
LA SALLE DES PORTRAITS
Cette salle présente de magnifiques toiles représentant Alvise Vivarini avec la Vierge et l'Enfant Jésus, une Vierge priant, de l'école de Giotto et un Christ vraisemblablement du aux frères Giovanni et Gentile Bellini, autour de 1472.
Au 1er étage, les salles de justice
LA SALLE DES MAGISTRATS
Cette salle abritait le tribunaux chargés de faire respecter les lois et
surveiller les agissements des avocats. Il faut imaginer que dans une
ville entièrement vouée au commerce, les litiges pouvaient être
nombreux. Le pouvoir judiciaire était chargé d'arbitrer les conflits.
Ce qui fait aujourd'hui l'interêt principal de cette salle, ce sont les
fabuleux triptyques de Jérôme Bosch (1505): le triptyques des ermites et
le triptyque de Sainte Julienne.
Sur le mur opposé, deux autres oeuvres flamandes.
L'ARMURERIE
Dans cette ancienne armurerie se trouve désormais un musée d'armes anciennes et de tous les continents. Il renferme actuellement plus de deux mille pièces.
LE LIAGO
En vénitien, "liagò" est une véranda ou une terrasse fermée par des vitrages.
Ce liagò servait de lieu de promenade, pour se dégourdir un peu entre deux réunions.
Les 3 sculptures Adam, Eve et le Porte-étendard sont dues à Antonio Rizzo, 1462 et 1471.
LA SALLE DEL GUARIENTO
Dans cette salle étaient stockées les armes et les munitions.
Aujourd'hui, elle abrite les restes de la fresque du Couronnement de la Vierge, peinte par Guariento, entre 1365 et 1368. Quoiqu'en mauvais état, nous devons nous y attarder un peu. Prenons le temps de la situer.
Cette fresque ornait la salle du Grand Conseil. Elle possède -ou possédait- une belle harmonie de couleurs fines, réhaussées de surfaces d'or et d'argent.
Au centre, se trouve un trône avec Marie et le Christ. Les 4 évangélistes sont assis, cependant qu'en dessous, les anges jouent de la musique. D'autres anges sont munis des attributs symboliques du pouvoir, une fleur de Lys, un globe, un sceptre, sans oublier bien sûr l'archange Gabriel.
On y observe aussi les patriarches et les prophètes. C'est toute une hiérarchie céleste qui est ainsi figurée sur cette oeuvre, malheureusement en fort mauvais état. C'est dommage, d'abord parce que l'oeuvre était magnifique. Mais également parce que vous auriez pu observer un parrallèle entre la hiérarchie ou la disposition scénographique céleste de la toile et la disposition des Conseillers dans la salle du Grand Conseil.
Malheureusement, un incendie dévasta le Palais des doges, le 20 décembre 1577 et détruisit en grande partie la fresque.
LA SALLE DU GRAND CONSEIL
Dans l'organisation politique de la République, le Grand Conseil était constitué de représentants élus de la population. Il compta jusqu'à deux mille personnes. C'est le Grand Conseil et le Sénat qui prenaient la plupart des décisions, le Doge n'étant que le représentant suprême de la République.
La salle du Grand conseil se devait donc d'être spacieuse pour accueillir ces représentants de la République de Venise. Elle est située au 2e niveau de l'aile Sud du Palais, vers le bassin de Saint Marc. Elle occupe presque toute la surface de cette aile, soit 53 mètres de long et 25 de large.
LE TRIOMPHE DE VENISE
Toujours dans cette salle, ne manquez pas d'admirer au plafond Le Triomphe de Venise, par Véronèse. Venise est personnifiée par une femme assise sur un nuage. Le parrallèle avec un ange ou un être vivant au paradis montre bien à quel point la République de Venise se voulait, ou se rêvait, d'essence divine.
Les murs sont décorés d'oeuvres à la gloire de Venise, illustrant les relations avec la papauté ou l'empire germanique, commémorant les exploits de guerre et les faits de bravoure de citoyens vénitiens, etc...
Egalement, pour les passionnés d'histoire vénitienne, les portraits des Doges de 804 à 1554, sauf un, celui du Doge Marino Fallier (qui conspira contre les familles pratriciennes de Venise et fut décapité).
LE « PARADIS » DE TINTORET
Elle comprend de nombreux tableaux, dont le plus célèbre, le Paradis de Tintoret, qui passe pour être la plus grand toile du monde, pratiquement 10m sur 25m.
Ce tableau remplace la fresque immense de Guariento, qu'un incendie détruisit en 1577. Un concours fut donc organisé. Et en 1582, c'est... Véronèse qui l'emporta sur Francesco Bassano, Palma le Jeune et Tintoret. Mais Véronèse était bien vieux et il mourut sans livrer sa toile. Tintoret se fit attribuer le concours. Mais il était également bien vieux (1518-1594, donc 64 ans à l'époque du concours) et ne put fournir qu'une esquisse. Ce fut finalement son fils, Domenico Robusti qui dirigea l'équipe chargée de concrétiser la vision du Maître Tintoret, de 1588 à 1594.
LA SALLE DES SCRUTINS
Aux murs, sont présentés de nombreux tableaux de batailles remportées par la Sérénissime, comme La bataille de Lépante, par Andrea Vicentino, 1571, La victoire des Vénitiens sur les Turcs aux Dardanelles, de Pietro Liberi, 1660-1665, La victoire navale des Vénitiens à Jaffa contre les Egyptiens, de Sante Peranda, 1598-1605.
Sous le plafond, la frise poursuit les portraits des doges, jusqu'à Ludovico Manin (1789-1797). Admirez l'arc triomphal dédié au Doge Francesco Morosini, dit le Péloponésien, vainqueur des Turcs (Doge de 1688 à 1694).
