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Pierres d’achoppement à Venise


Il y a de nombreuses pierres d’achoppement à Venise. Mais que signifie pierres d’achoppement ? Au sens propre les pierres d’achoppement sont des pierres sur lesquelles on achoppe, on trébuche, un obstacle qui fait faire un faux pas. En d’autres termes, dans le sens actuel, c’est une pierre que l’on remarque, parce qu’elle est visible lorsque l’on marche.

Mais qu’est ce que des pierres d’achoppement ?

Ce sont des plaques de la taille d’un pavé (10×10 cm), en général en laiton et conçues en 1993 par un artiste allemand, Gunter Demning. Chaque plaque porte le prénom et le nom, deuxièmement la date de naissance, et troisièmement la date de décès et la cause de la mort. Ensuite elles sont posées devant les maisons des déportés raciaux et politiques. Elles sont là en hommage à la personne, c’est une reconnaissance, elles méritent recueillement et humilité. La première pierre a été posée à Cologne, on peut en trouver plus de 50 000 partout en Europe. Chaque année depuis 2010, de nouvelles sont posées, par conséquence leur nombre augmente et notamment à Venise.

 

Pierres d’achoppement à Venise

 

Les pierres d’achoppement à Venise témoignent du sort des victimes de l’extermination nazie. Le 12 Janvier 2014, la première a été posée dans le Campo Santi Apostoli de Venise, elle est dédiée à Bartolomeo Meloni (45°26′26″N 12°20′15″E). Ce projet a vu le jour grâce aux associations comme le centre allemand d’études vénitiennes, la municipalité de Venise, la communauté juive de Venise et l’institut vénitien pour l’histoire de la Résistance et de la société contemporaine Iveser.

 

Jeudi 27 Janvier, pose des pierres d’achoppement à Venise

 

 

L’année 2022, on installa 30 nouvelles pierres d’achoppement à Venise. La cité devient donc la deuxième ville italienne, après Rome, pour le nombre de pierres posées. 135 pierres au total. Le jour du souvenir, le Jeudi 27 janvier a eu lieu la cérémonie de la pose de 29 pietre d’inciampo à la mémoire des citoyens vénitiens déportés vers les camps d’extermination nazis. Le départ est au Campo Santa Maria del Giglio à 9 heures. Pour la première fois cette année, pose à Mestre de la première pierre d’achoppement, le vendredi 28 janvier à 11 heures dans la via del Rigo. 

Quelques exemples de pierres d’achoppement à Venise

Anna Dina, Campiello S.Maria Nova 5999, Cannaregio (45°26′23″N 12°20′19″E)

Anna Dina est née le 8 février 1936 à Venise. Ses parents étaient Mario Dina et Rosita. Toute sa famille est arrêtée en décembre 1943. Puis amenée au carcere di Venezia puis au camp de déportation de Fossoli. Ensuite le 22 février 1944, les parents et leurs enfants sont déportés. Le 26 février 1944, la famille se retrouve au camp de concentration d’Auschwitz. Le jour de leur arrivée, Anna Dina, sa mère, sa sœur et son jeune frère perdent  la vie dans les chambres à gaz d’Auschwitz. Leone, le plus jeune, n’avait que 16 mois quand il a été assassiné, Anna avait huit ans. 9 mois plus tard, son père est assassiné le 30 novembre 1944. Plusieurs autres membres de la famille ont aussi perdu la vie. Le Campiello Santa Maria Nova recèle sa pierre d’achoppement à Venise.

Adolfo Ottolenghi, Rio Terà de la Madalena 2346/b, Cannaregio (45°26′36″N 12°19′51″E)

Adolfo Ottolenghi était le grand rabbin de Venise. Il était quasiment aveugle lorsqu’il a été déporté une première fois à Côme, il a été emprisonné un mois. Par la suite, le 19 décembre 1943, environ 40 juifs furent déportés au camp de Fossoli. Les plus de 70 ans eurent l’autorisation de retourner à Venise au début de 1944. Ils furent emprisonnés dans la Casa di Ricovero israelitica. Après cela, il est arrêté une seconde fois, le 17 août 1944, puis il est déporté au camp de concentration d’Auschwitz. Il y mourut le 2 septembre.

Olga Blumenthal, sa vie 

 

En 1821,les grands parents d’Olga quittent la Bavière pour Venise, ils s’intègrent très vite jusqu’à faire partie de l’élite de la ville de Venise. Olga Blumenthal est, par conséquence, née à Venise le 20 avril 1873. Elle est la fille de Charles Blumenthal, banquier, et de Minna Goldschmidt. Elle fait donc des études à l’Istituto Superiore di Scienze economiche e commerciali à Venise. Puis en 1919, elle enseigne comme professeur assistant de langue et littérature allemandes. Le 21 septembre 1921, elle épouse Gilberto Secrétant, professeur de littérature italienne. Celui ci meurt de maladie le 10 décembre 1921.  Cependant, en 1937,  elle est suspendue de son poste. Plusieurs de ses collègues oeuvrent pour garder Olga au sein de la Ca Foscari, au final elle sera embauchée comme assistante bénévole. Le 30 octobre 1944, à l’âge de 71 ans, elle est arrêtée à 5 heures du matin, par les Allemands. Elle est emmenée à la prison de la Giudecca. 

 

Les usines de San Sabba à Trieste

Ensuite, elle est transférée à Trieste. Les usines de San Sabba à Trieste datent de la fin du XIXe siècle, elles étaient utilisées pour le traitement du riz. Malheureusement, à partir de l’année 1943, les nazis utilisent San Sabba pour emprisonner les militaires italiens et les otages, partisans, prisonniers politiques et juifs. La cellule de la mort et les 17 cellules de détention sont encore intacts. Depuis 1965, la Risiera di San Sabba est déclaré monument national. Trieste n’était qu’une étape, on envoyait ensuite les détenus dans des camps d’extermination en Allemagne et en Pologne. De Trieste, le 28 Novembre 1944, Olga Blumenthal part dans le convoi 41T qui l’emmène vers sa destination finale: le camp de concentration nazi Ravensbrück. Olga Blumenthal meurt le 25 février 1945. Sur la plaque à la mémoire des victimes de la Shoah, sur le campo du ghetto novo, est inscrit son nom.

Qualités humaines d’Olga Blumenthal 

Elle n’était pas seulement une enseignante émérite et une intellectuelle mais aussi et surtout c’était une femme avec une très grande humanité. Elle répudie la religion juive pour se convertir au catholicisme. En 1923, elle donne 1500 livres de littérature, d’économie et de droit à la Bibliothèque de la Ca’ Foscari.

Le camp de Ravensbrück

Il ouvre en mai 1939, uniquement pour les femmes, ayant un comportement « dévié  » comme par exemple les lesbiennes et les prostituées. Le fait d’être réserver aux femmes et enfants, ne l’a pas rendu moins cruel. Des expériences médicales étaient pratiquées sur les prisonnières, elles étaient obligés de travailler, Siemens a utilisé leur travail pour l’industrie de guerre. En avril 1945, les russes libèrent la camp.

Olga Blumenthal, Histoires d’une famille et d’une vie  » d’Emilia Peatini

Éditeur ‏ : ‎ Cierre Edizioni (9 février 2022)
Langue ‏ : ‎ Italien
Broché ‏ : ‎ 216 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 8855201344
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-8855201346

4e de couverture

En janvier 2018, une pierre d’achoppement a été placée devant le portail d’entrée de l’Université Ca’ Foscari de Venise. Il était destiné à la mémoire d’Olga Blumenthal (1873-1945), une professeure allemande capturée en novembre 1944, déportée et tuée à Ravensbrück. Mais qui était Blumenthal, l’une des premières femmes à enseigner à l’Université de Venise ?

Ce livre reconstitue, à côté de la vie de la malheureuse Olga, l’origine vénitienne de sa famille puisqu’en 1820 ses grands-parents paternels sont arrivés à Venise en provenance de Bavière, puis ont suivi les Blumenthal dans leur processus d’émancipation et d’intégration dans l’élite de la ville dès la génération suivante, dans le contexte des événements de la grande histoire entre le XIXe et le XXe siècle. Dans ce contexte familial privilégié, la figure d’Olga acquiert de la profondeur non seulement en tant qu’enseignante et intellectuelle, mais aussi en tant que femme marquée par la condition féminine de son temps et sa richesse, par la religion juive qu’elle a également répudiée en maturité en se convertissant au catholicisme, et en tant qu’épouse du professeur éclectique Gilberto Secrétant.

La reconstitution suit avec une attention particulière les conséquences du tournant raciste du fascisme puis de la domination allemande, qui a finalement arraché Olga de sa maison et de sa ville, la conduisant à mourir déjà peut-être pendant le voyage vers le camp.

En conclusion des pierres d’achoppement à Venise

La pose de toutes ces pierres d’achoppement à Venise, « pietre d’inciampo », est de rendre tout d’abord la dignité, mais aussi de donner un nom, à toutes ces personnes privées de vie durant la période nazie. Les rêves envolés, la liberté enlevée, en conséquence les stolpersteine permettent de rendre hommage à toutes ces personnes. Le devoir de mémoire est une expression qui est apparue en France au début des années 90.
Nous ne devons pas oublier ce que certaines personnes ont enduré dans les camps de concentrations nazis. Les pierres d’achoppement sont des témoins sur lesquels nous buttons. Alors lorsque nous en rencontrons une, le recueillement parait nécessaire.

 

 

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