Nuls en peinture forts en câlins


Nuls en peinture forts en câlins est un compte-rendu de séjour à Venise, par Lena Rivard Cohen, issu de notre groupe Facebook et publié avec sa gracieuse autorisation.
N’oubliez pas de visiter nos pages venise1.com , si vous séjournez avec un enfant à Venise.

Hello à tous! De retour d’un week-end de rêve en famille avec nos trois bouts de chou de 5 à 9 ans, je vous glisse en avant première notre récit de voyage si ça peut en amuser certains. Merci pour vos conseils avisés! Et bon voyage aux chanceux qui s’apprêtent à partir… 💕

 

 

Nuls en peinture forts en câlins : Jeudi… atterrissage à Venise, 16:30

Le soleil éclate comme au pic à glace un ciel bleu polaire et la lagune scintille, on dirait le plafonnier du studio 54. Les mômes sont excités comme des acariens au salon de la moquette, le taxi, c’est un bateau non mais un bateau tu te rends compte maman?
Pim, Pam et Poum sont en mode immersion maximale. Truffe au vent, sourire extatique, à l’arrière du Motoscafo, nous voilà à l’assaut de l’adriatique pour fêter mes 40 ans dans un geyser de gluten et d’encre de seiche.
Le taxi nous dépose à l’embarcadère le plus proche de notre appartement. Il fait doux, la pierre est rose, Zoé a mis son doudou dans la gueule de Jacob, Romy est intégralement débraillée et traîne son sweat d’une main et son manteau de l’autre, tout va bien, on peut avancer. Dans un ancien palazzo, idéalement situé à un jet de pierre d’à peu près tout, un confortable appartement nous attend pour déposer nos valises et foncer battre le pavé.

J’ai faim, maman

Il faut ici faire état d’un premier renoncement, proche de celui d’une vierge du Titien face aux plaisirs de la chair : la gastronomie vénitienne avec des enfants, c’est niet.
Enfin je veux dire, avec mes enfants. Parce que peut être qu’avec les vôtres, ça se passera autrement, vous goûterez aux joies des cicchetti de fruits de mer en sirotant un spritz avant de vous jeter en famille dans les sucs de langoustine posées délicatement sur un risotto noir aux saveurs iodées, mais chez moi, on est plutôt du genre à demander des escalopes milanaises et des pizzas dans chaque osteria locale, tiraillés entre notre résistance aux chaînes de restaurants touristiques et notre résignation face à la mine déconfite du taulier, si déçu de remballer ses rillettes d’anchois fraiches au profit de spaghetti au beurre.

On est sympa hein. Mais on n’aime pas le poisson.
Ce soir, ça sera simple et efficace, pâtes et tiramisu chez Do Farai avant de rentrer au radar s’étaler pour récupérer avant le marathon de demain.

Nuls en peinture forts en câlins : Vendredi, 7h

Réveil en fanfare pour notre première visite, celle des prisons du palais des doges, au travers des itinéraires secrets. Ça traîne un peu la patte. J’ai fait un planning de compète, pétri de chérubins de Bellini, de basiliques érigées après les épidémies de peste et de palais baroques mais mon petit doigt me dit que tout ça va se finir avec une glace au Nutella dans une gondole.
Notre guide, Chiara, est jeune, belle et drôle, et parvient à captiver les enfants qui font des bonds à la verticale d’une salle à l’autre, pendus à ses lèvres pour découvrir l’histoire des détenus nourris de pain et de vin rouge, de la fuite de Casanova, des espions de la sérénissime et du doge punk superstar qui tenta de renverser la république pour finir décapité sur les marches de l’escalier géant.
On soupire devant le Pont des soupirs, on cherche la tête de lion dans le Paradis du Tintoret, on boit un capuccino au soleil et on déjeune (de pâtes au beurre) dans un ravissant jardin caché du sestiere (al giardinetto pour les connaisseurs, une pépite).

Ils auraient dû embaucher un ingénieur ashkenaze

Suite de notre exploration de la ville sous le soleil d’automne. Souvent, je me retourne, je touche les murs, je me pince, pour vérifier que tout est vrai. Ils ont des étoiles dans les yeux, ils courent le long des canaux, et moi je creuse mon ulcère de mère juive en me disant que décidément, ils auraient du embaucher un ingénieur ashkenaze, au moins il aurait mis des putains de rambardes, recule, j’ai dit RECULE bon dieu si on termine le séjour sans un gosse dans le canal, on mesurera notre chance.

Les yeux ébahis de mes trois castors

On termine notre après-midi avec une virée rapide à Murano, où Lorenzo, un maître verrier ouvre son atelier aux petits curieux. Il est gentil et bonhomme, il fabrique un cheval de verre avec une boule de pâte chauffée à 1400 degrés sous les yeux ébahis de mes trois castors, il nous emmène visiter sa galerie, les enfants chahutent, il se raidit, je demande si les prix sont en roubles, il se durcit, parvient à nous vendre le même cheval que celui réalisé pendant la démonstration (nan mais maman c’est HYPER important les souvenirs), zoé demande à quelle heure est le spectacle, on lui explique qu’il n’y a pas de spectacle, zoé boude, Jacob veut aller faire pipi, puis Lorenzo nous raccompagne à notre bateau, peut être par gentillesse, mais peut être aussi pour s’assurer qu’on est bien parti.

Je serais mieux en prison au palais des doges

On enchaine les fous rires, on mange une glace, peut être même deux, on en a plein les bottes, on s’écroule sur une terrasse de Canareggio pour avaler un spritz et des cicchetti, on se regarde et sans avoir à se parler, on décide d’abandonner le resto pour attraper au vol un paquet de pâtes (et du beurre, c’est bien vous suivez) dans une épicerie sur le chemin, qu’on dévorera avec l’appétit du condamné. Zoe demande du vin rouge, on lui dit non, elle dit pourquoi, on dit parce que tu as cinq ans, elle dit bah alors je serais mieux en prison au Palais des doges, on dit that’s our girl, puis on se couche.

Nuls en peinture forts en câlins : Samedi matin, marché du Rialto

C’est sublime, des kilos de poissons frais et brillants, des légumes plus verts que le royaume d’Oz, les gosses qui se bouchent le nez et l’expresso qui requinque. On déambule à travers la ville, on entre au hasard dans les églises (j’avoue, un hasard provoqué, mais si j’avais dit la vérité, j’aurais essuyé une mutinerie), mon fils joue à l’escrime avec l’audioguide, on essaie d’expliquer l’Assomption et face à l’échec, on se rabat sur une chasse aux crucifix qui suscite beaucoup plus d’enthousiasme.

Il a oublié de vider le lave-vaisselle

On mime un bal dans les salles opulentes de la Ca’ Rezzonico et on s’extasie devant les tableaux (maman, la dame elle enfonce un pieu dans la tête du monsieur parce qu’il a oublié de vider le lave-vaisselle?), on trouve un campo ensoleillé où les enfants jouent à la corde à sauter avec des petits vénitiens partageurs, on mange des pâtes – au beurre, on se retape une glace (la crema del doge, d’il doge, à ne rater sous aucun prétexte) et on échoue comme des baleines chez Ca’ Macana, un atelier de masques traditionnels qui propose aux enfants de peindre le leur, climax total et absolu de cette escapade qui se voulait intellectuelle et qui s’achèvera pour notre plus grand bonheur dans le blé dur et la peinture. 🙂

Apéritif chic au Harry’s bar

Samedi soir était un grand soir : apéritif chic au Harry’s bar, où nous regardons d’un œil amusé les riches touristes enquiller les cocktails les plus chers du pays. Pour nous, ça sera quelques olives et des Bellini sans alcool dans ces quelques mètres carrés légendaires et feutrés : on s’est fait beau, les enfants se tiennent à carreau, on leur raconte la Venise d’avant et le Danieli et la Mostra et on voit bien qu’ils s’émerveillent.
On les serre dans nos bras et on les remercie pour ce week-end de rêve. On est nul en peinture italienne et en architecture baroque mais on est fort en câlins.
Venise, on reviendra.

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