La Résistance à Venise

La Résistance à Venise contre l’occupation allemande de la seconde guerre mondiale, fait suite à la Résistance des Vénitiens contre l’occupation française de Napoléon Bonaparte (1796-1797). Puis contre l’occupation autrichienne (1797-1866).
Mais les précédentes occupations étaient relativement pacifiques. Ce ne fut pas le cas de l’occupation allemande.

L’occupation allemande

Résistance à VeniseL’armée allemande s’était installée à Venise. Ainsi, le Palais des Doges fut le siège de la Platzkommandantur. Les Procuratie Vecchie accueillirent le siège des SS. La place emblématique de Venise, la célèbre et fière Piazza San Marco était ainsi cernée et sous contrôle allemand. De plus, dans toute la ville, 17 sièges de commandements allemands s’installèrent.
Dans ces conditions, les armées allemandes firent régner leur « ordre », avec la même violence qu’on leur connaissait par ailleurs.
Comme dans une grande partie de l’Europe, les Vénitiens subirent le joug de l’armée allemande, mais non sans tentatives de déstabilisation des occupants… jusqu’au jour de l’insurrection.

Résistance à Venise

Les photos de cette page sont en grande partie tirées de la galerie photographique de La Nuova Venezia.

Vidéos de la Libération de Venise

Mon conseil : coupez le son.

D’autres vidéos : Venise insurgée et Moments de la Libération de Venise

On ne le sait pas tous, mais, comme ailleurs en Europe, les Vénitiens cherchèrent par tous les moyens à harceler les allemands, par des grèves, des sabotages, un travail volontairement mal fait ou trop long.
Ainsi par exemple, dans la zone industrielle de Porto Marghera, sans en avoir l’air, les patriotes cherchaient à contrôler la production des usines. Ou également, à Marghera, la production de guerre, destinée aux armées allemandes, fut plusieurs fois sabotée.
Et à Venise-même, la Brigade Garibaldi Francesco Biancotto, compta environ deux cents personnes, pour nuire aux activités allemandes.
C’est l’été 1944 qui fut le plus difficile et le plus sanguinaire. Les actes de Résistance furent chèrement payés.

  • Six morts à Cannaregio, tués dans la nuit du 7 au 8 juillet,
  • 13 partisans, originaire de San Dona, abattus Ca’ Giustinian le 28 juillet,
  • 7 martyrs abattus le 3 août : Rappelons-nous la terrible suite à la mort d’un officier allemand, vraisemblablement soûl qui était tombé à l’eau et s’y noya. L’armée allemande, en représailles, exécuta 7 Vénitiens, le 3 août 1944. Le nom du quai des 7 martyrs nous le rappelle. Un monument original et émouvant, le monument à la partisane de Venise célèbre toujours ce sombre épisode.

L’insurrection vénitienne

Résistance vénitienne au Théâtre Goldoni le 12 mars 1945Un épisode de bravoure extrême se déroula le 12 mars 1945 à 21h.
Au théâtre Goldoni, la troupe d’Elena Zareschi présentait Vêtir ceux qui sont nus, pièce de Luigi Pirandello. Le théâtre accueillait
des fascistes italiens et des Allemands. Elena Zareschi avait des liens connus avec les services secrets nazis.
C’est ainsi qu’à 21h, des partisans vénitiens investirent le théâtre, désarmèrent pompiers et policiers. Trois hommes montèrent sur scène devant le public médusé.
Ils crièrent au public : Personne ne bouge, s’il y a un espion ou un fasciste il recevra du plomb des partisans […] Vénitiens, l’ultime quart d’heure pour Hitler et ses complices est venu.
Les deux autres distribuaient des tracts appelant à la Résistance.
Ils firent croire que le théâtre était encerclé par des partisans armés. Et ils s’éclipsèrent par une porte arrière, les armes furent cachées dans le quartier des Frari.
Ce ne fut nullement le coup de grâce pour l’armée allemande et ses collaborateurs, mais le lendemain, tout Venise bruissait de cette histoire. Les radios du monde entier la reprirent à leur tour.
Cette action d’éclat déclencha un mouvement de mobilisation des Vénitiens, en même temps qu’un sentiment légitime de fierté.

Nous avons plaisir à citer le nom et nom de guerre de ces insurgés courageux : Franco Arcalli Kim, Cesco Chinello, Ottone Padoan Michele, Giovanni Citton, Giovanni Dinello Borel, Renato De Faveri Oc, Giuseppe Turcato Marco, Delfino Pedrali Gastone, Otello Morosini Totò, , Giovanni Guadagnin Gin, Mario Osetta Leo.

Le 25 avril 1945, débuta une insurrection générale à travers l’Italie et Venise en particulier. Le Comité de Libération National (CNL) fut à l’initiative de cette révolte. A cette date, l’armée allemande était déjà malmenée. Mais elle le fut davantage par le harcèlement qu’elle subit à Venise.

Le 28 avril, les fascistes italiens de la Guardia Repubblicana déposèrent les armes. Venise était libérée.
Le 29 avril, les allemands quittèrent leur hôtel Regina. Les troupes alliées passèrent le Pont della Libertà et accédèrent à Piazzale Roma. La plupart des troupes allemandes avaient déjà déserté la ville. La capitulation fut signée.
Avec 21 morts et 118 blessés, les Vénitiens retrouvèrent leur indépendance, pour bientôt faire partie du Royaume d’Italie, puis de la République d’Italie.

Commémoration de la libération de Venise

Nous avons évoqué le monument à la partisane de Venise, qui rappelle tous les jours la lutte des femmes contre l’occupant allemand.

De plus, tous les ans, le 25 avril est la date retenue pour la libération de l’Italie. A Venise, une cérémonie commémorative se déroule sur la place Saint Marc, l’Alzabandiera, le lever des couleurs. Un petit défilé des différents corps d’armée arrive sur la piazza Saint Marc. En présence des autorités religieuses et municipales, sur les 3 mâts devant la basilique Saint Marc, on hisse les drapeaux vénitien, italien et Européen.

La fête du bocolo, la fête de Saint Marc et enfin, la fête de la libération se déroulent le 25 avril à Venise.


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