Monument à la partisane de Venise

Le monument à la partisane de Venise, la partigiana, est situé sur les berges, entre l’arrêt de vaporetto Giardini et celui de la Biennale. Il rappelle que l’armée allemande occupa Venise, durant la seconde guerre mondiale. Et celle-ci, un peu comme partout ailleurs, agit de manière violente.
Un épisode en témoigne.

Voir aussi la Résistance à Venise

Les partisanes et partisans vénitiens

Monument a la partisane de VeniseDurant l’été 1944, qu’on nomme aussi l’été rouge, un officier allemand fut retrouvé mort noyé dans le secteur des Giardini. Avait-il été tué par des partisans vénitiens ? Sans doute pas, mais vraisemblablement ivre, il fit un faux pas et tomba à l’eau.
L’armée allemande organisa des représailles et voulut faire un exemple.
Le 3 août 1944, elle rassembla une foule de personnes. Elle amena 7 résistants qu’elle fusilla sur place. Leurs corps ne furent pas ramassés ni enterrés. Pour l’exemple, on les laissa là, sans sépulture durant plusieurs jours, dans l’intention d’impressionner les Vénitiens et d’annihiler toute révolte.

Histoire du monument à la partisane de Venise

Ce terrible épisode resta dans les mémoires vénitiennes et, dans le milieu du XXe siècle, l’Institut d’histoire de la résistance de Venise et la mairie décidèrent d’ériger un monument aux résistants de Venise. Et comme Venise connut de nombreuses résistantes, le monument devint celui de la Partisane, la Partigiana, en hommage aux courageuses Vénitiennes qui luttèrent, elles aussi, contre l’occupant allemand.
Un premier monument fut érigé, en 1957. Il s’agissait d’une sculpture de Leoncillo Leonardi (1915-1968), une majolique très colorée. Mais on la jugea inappropriée à cause de son foulard de couleur rouge. On préféra un foulard moins connoté. L’artiste s’exécuta et la statue au foulard brun fut érigée sur un socle dû à l’architecte vénitien Paolo Scarpa (1906-1978). Mais un mouvement fasciste italien détruisit l’oeuvre le 28 juillet 1961.
La première version, celle au foulard rouge, est heureusement conservée au Musée d’art moderne de la Ca’ Pesaro.

L’actuel monument à la partisane vénitienne

En 1969, Augusto Murer proposa une seconde statue, en bronze cette fois. A la différence de la plupart des statues, on ne la regarde pas en levant la tête, mais au contraire, en la baissant vers l’eau de la lagune.
Elle représente une femme allongée, renversée, morte, les mains attachées. A l’origine, elle devait flotter sur un caisson et donc rester toujours apparente. Mais rapidement, le caisson se détériora. A demi-immergée, la partisane disparaît et réapparaît au gré des marées. Elle est entourée d’un ensemble de dalles, dues à Paolo Scarpa. Le public aurait dû pouvoir s’approcher de la statue en grimpant sur les marches formées par les dalles, mais ce fut interdit.
Et désormais, elle s’admire de loin. Dison, de haut.

Ce monument à la partisane vénitienne, et plus généralement aux partisans vénitiens, est particulièrement original et toujours très émouvant. Et curieusement, la défection du caisson flottant rapproche la statue de l’histoire de son origine.
Notez que les 7 Vénitiens fusillés et laissés quelques jours sans sépulture, ont donné leur nom à la Riva dei 7 martiri, la rive des 7 martyrs.


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