Plus de navires de croisière devant Saint Marc


Plus de navires de croisière devant Saint Marc. C’est officiel. Ah, bon ? Les navires de croisière ne passeront plus par le bassin de Saint Marc à partir du 1er août 2021.
Waouh ! Super !
Mais la mesures prise en ministère est-elle réalisable ? Est-elle seulement légale ? Est-elle acceptable par les compagnies maritimes et leurs avocats ? Et quelles en seraient les conséquences ? Voyons quelques points ensemble.

Plus de navires de croisière devant Saint Marc

Enfin, plus de navires de croisière devant Saint Marc…
Disons, pas de navires de plus de 25 000 tonneaux de jauge brute, de plus de 180 mètres de longueur (environ 49 étages placés horizontalement), de plus 35 mètres de haut (environ 10 étages en hauteur à partir du niveau de l’eau), ou qui rejettent plus de 0,1% de soufre. Bon, les navires habituels dépassent ces dimensions on pourrait être satisfait.
Sauf que…
Les navires de croisière nuisent aux écosystèmes de la lagune. J’en parlerai à ceux qui nous accompagneront en Bragozzo vers Lio Piccolo en septembre prochain. Ils évitent le bassin de Saint Marc (c’est bien) mais restent dans la lagune. Alors, il faudra intervenir dans le canal des pétroliers. Ah ! On se réjouit déjà un peu moins.

Mais attention, ne nous réjouissons pas encore

Les navires de croisière éviteront Venise et Saint Marc. Encore une fois, on ne peut que s’en réjouir… du moins si cela se concrétise.
Mais ils passeront toujours dans la lagune vénitienne, à l’Ouest de Venise, par le canal des pétroliers, vers Marghera, à 3-4km à vol d’oiseau de Venise.
Alors, quels sont les problèmes attendus ?

  • Les « grandi navi » stationneront au nouveau port de Marghera, tout en continuant de faire tourner leurs moteurs au fioul lourd pour produire l’électricité dont ils ont besoin 24h/24, même à l’arrêt. La pollution restera donc quasi identique.
  • D’autre part, le nouveau port de Maghera est situé à proximité de la zone Seveso de la zone industrielle de Marghera. Est-ce vraiment prudent ?
  • Ensuite, il faudra entretenir le profond canal des pétroliers. Voire le creuser un peu, ce qui risque fort de favoriser encore les inondations.
  • Le déplacement d’eau correspondant au volume immergé des navires + les remous de leurs hélices contribueront toujours à raviner la lagune et ébranler Venise.
  • Et enfin, les croisiéristes ne viennent pas visiter Marghera. Donc, à longueur de journée, il faudra faire circuler des bus (ou des vaporetti ?) pour les rapatrier vers Venise et Vice versa. Finalement, la pollution Co2 va augmenter : celle des navires de croisière restera quasi identique, à laquelle va s’ajouter celle des transports en commun Marghera-Venise et retour.

On n’avait pas parlé d’un port en mer Adriatique ?

Ah ben oui, les autorités ont bravement lancé un appel d’offres pour créer un port en Adriatique. L’appel fut (finalement) lancé le 29 juin 2021. Alors, on va bientôt voir le bout du tunnel, non ? 

Euh, presque. Enfin, disons que les résultats définitifs de cet appel d’offre seront connus en Deux Mille…, euh, Deux Mille combien déjà ? Ah oui, 2023. Juste les résultats du concours. Après, il faudra trouver les entreprises, rassembler les fonds, etc.
Et, selon moi, ce « port » va poser d’énormes problèmes, ne serait-ce que le rapatriement des croisiéristes vers Venise. Mais, passons. Je vous en reparlerai si ce port voit le jour. Un jour.
En attendant, réjouissons-nous si réellement les navires de croisière ne passent plus devant Saint Marc. Croisons le doigts. Et à la prochaine.