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Ecosystème de la lagune de Venise

La lagune de Venise, c’est :

551 km2, dont 305 Km2 de bassins lagunaires et 1/4 de terres émergées
Profondeur moyenne : 1m
Profondeur maximale : 15-20m à la passe de Malamocco
4 rivières se jettent encore dans la lagune de Venise : Les Dese, Osellino, Sile et Piave.
Pour info :Ecosystème de la lagune de Venise
Barène : Petit îlot inculte, souvent immergé lors des fortes marées
Velme : Terre immergée, parfois découverte lors des basses eaux
De nos jours, les vénitiens ont tendance à parler de Barène pour l’ensemble des deux.

Qu’est-ce qu’une lagune ?

C’est une étendue d’eau peu profonde, isolée de la mer par une barrière littorale, située en un point de rencontre des eaux fluviales et des courants marins.
Généralement, un cordon de sable barre l’entrée de la lagune, résultat des actions contraires des fleuves et des courants marins : Les fleuves y déposent des alluvions et ont tendance à obstruer la lagune. Les courants marins ont tendance à raviner la lagune.
C’est donc une zone parfaitement instable, et à l’échelle géologique, destinée à disparaitre.

Mais, c’est une zone très riche, renfermant un écosystème complexe : milieu marin, prés de la mer, milieu constitué d’eau douce, prés de l’embouchure des fleuves et milieu intermédiaire d’eau plus ou moins saumâtre. D’où souvent, une flore et une faune spécifiques remarquables.

Ecosystème de la lagune de Venise

C’est une partie de l’ancien delta du Pô et l’embouchure également du Piave et de la Brenta. Depuis quelques siècles, cet équilibre fragile entre les 2 opposés naturels que sont les fleuves et les courants marins, doit aussi compter avec une troisième composante : l’homme.
L’histoire de la lagune de Venise est intimement liée à l’histoire même de Venise. En effet, l’homme peupla la lagune , dés le début de notre ère. Habitat sur pilotis, construction de digues (déjà), activités de pêche, chasse, agriculture et production de sel. La lagune offrait en outre une excellente protection contre les envahisseurs, puisqu’elle ne permettait que la navigation sur des bateaux à fond plat et encore, fallait-il connaître les chenaux.
Dans cet ensemble de terres et d’eau étroitement mélées, on trouve une multitude d’îles, la plupart habitées, ainsi que des barènes (petits îlots émergents, ponctuellement recouverts par l’eau) et des velmes (petits îlots immergés, ponctuellement découverts à marée basse). On circule dans des chenaux, matérialisés par des “bricole” (bricola au singulier, en vénitien) ou ducs d’Albe. L’homme a aménagé des viviers qui piègent le poisson, les “valli di pesca”, pour y élever daurades, loups, anguilles et mulets.

La lagune vénitienne entretenue

Mais, ces fleuves étant trés chargés en alluvions, la lagune avait tendance à se combler. Par l’eau stagnante et devenue peu profonde, se développait la malaria. La Brenta, trop riche en alluvions, menaçait de combler la lagune. La Brenta fut donc détournée au Sud de la lagune.
Au 16e siècle, certains bras du delta du Pô furent également déviés vers le Sud.
Au 17e siècle, le Piave fut repoussé vers le Nord.
Le Sile, plus modeste, prit sa place.

A l’inverse, la mer érodait la partie centrale des îles. Au 18e siècle, on renforça donc la barrière littorale par des défenses en pierre, les “murazzi”. Les particuliers, eux, cherchaient à gagner sur les marécages, pour développer l’agriculture. Aussi, fut-il réglementé, voire interdit tout assèchement de marais, et en 1791, la République de Venise établit un tracé topographique de la lagune, comportant 99 bornes. C’est donc l’homme qui a permis à la lagune de subsister… du moins tant qu’il utilisait des bateaux de faible tirant d’eau.

La lagune vénitienne destabilisée

Le développement économique induisit le creusement de chenaux de grande profondeur (jusqu’à 15m) à l’intérieur de la lagune, pour permettre aux bateaux de forts tonnages de remonter, depuis la mer jusqu’au port maritime de Venise, au complexe pétrolier de Porto Marghera ou au terminal de San Leonardo.
Ces “autoroutes” pour les courants marins, et notamment lors des fortes marées, ont profondément déséquilibré l’écosystème fragile, provocant des inondations de plus en plus fréquentes. Ce phénomène est connu sous le nom de ” l’acqua alta “.
Auquel on doit ajouter l’abandon des barènes non entretenues qui, peu à peu, s’érodèrent et ne jouèrent plus leur rôle de régulateur des marées et courants marins. La motorisation des barques et bateaux circulant à grande vitesse provoqua également un ravinement accru des berges et la sappe des édifices. Les transports, les rejets industriels, le développement du tourisme ont apportés aussi leur lot de pollution.

La lagune de Venise actuelle

C’est donc tout naturellement que Venise a pris conscience de cette dégradation et a tenté d’y remédier, grâce à l’aide internationale, notamment française. Désormais, le complexe pétro-chimique est fermé. La vitesse est considérablement réduite sur les canaux. Les barennes sont réhaussées peu à peu. Des projets sont à l’étude pour contrôler les inondations.

La lagune va mieux, mais elle est encore fragile.

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